Création de l’association et
objectifs généraux
Le dispensaire trottoir est né le 24 Octobre 1993 de la rencontre entre des enfants de la rue malades et de deux personnes sensibilisées aux problèmes de ces enfants. Après avoir soigné ces enfants une année durant sur le trottoir(d’où le nom de dispensaire trottoir), nous avons décidé de créer une association et de nous installer dans des locaux afin de suivre plus facilement ces enfants sur le plan médical, nutritionnel et pour des activités d’éveil et d’alphabétisation. L’association poursuit le but d’organiser des soins en faveur des jeunes les plus démunis de Bobo-Dioulasso, de former des personnes susceptibles de donner ces soins, et ce en collaboration avec des partenaires individuels ou institutionnels Burkinabé ou étrangers. D’une manière plus générale, l’association a pour but d’améliorer les conditions de vie de ces enfants défavorisés.
Présentation des enfants

Le Dispensaire Trottoir accueille en son sein environ 180 enfants par jour. A ceux-là s’ajoutent les bébés et les petits enfants que le dispensaire reçoit pour malnutrition ou dénutrition (suivi médical, soins, alimentation spécifique) dont le nombre varie tous les jours (221 sont suivis sur l’année) et des enfants qui nous sont confiés soit par les services de police (enfants abandonnés ou ”égarés” qui sont accueillis au dispensaire le temps de retrouver leurs parents) soit pour certains cas difficiles (enfants séropositifs ou orphelins en rejet social) par le Service d’Action Sociale de Bobo. Tous ces enfants reçoivent au minimum deux repas par jour. Nous essayons d’équilibrer le plus possible ces repas selon nos possibilités.
Afin de bien connaître les enfants qui viennent au Dispensaire Trottoir, les équipes d’animateurs, à tour de rôle, vont dans les familles. Le travail de proximité entamé par le dispensaire trottoir a permis de mieux appréhender la diversité des situations de ces enfants :
Les enfants dans la rue, orphelins et abandonnés : bien que vivant dans la famille sont livrés à eux-mêmes toute la journée avec peu de soins ou d’attention, souffrent de malnutrition du fait de la pauvreté. Il s’agit en particulier :
- D’enfants de familles pauvres de Bobo-Dioulasso, et des environs
- D’enfants dont les parents sont sans travail,
- D’enfants accueillis dans la famille élargie (tante, cousine, etc.) suite au décès d’un ou de leurs deux parents.
Les enfants de la rue. Ces enfants vivent jour et nuit dans la rue avec pour seul moyen de subsistance la mendicité, sans aucun soin médical et sanitaire, sans repère, ni affection. Il s’agit :
- D’enfants de la rue originaires de Bobo ou d’ailleurs
- D’enfants abandonnés ou dont les parents sont décédés
- D’enfants qui ont préféré la rue à l’autorité d’un marabout sous lequel leurs parents les avaient placés.
Environ 792 enfants bénéficient de ces prestations. Ils se repartissent comme suit :
- 221 bébés.
- 412 enfants scolarisés du CP1 à la terminale.
- 80 pré -scolaires ( petite et moyenne section maternelle, filles et garçons).
- 32 à l’atelier couture, tricot, teinture, art culinaire (6 garçons et 26 filles).
- 10 à l’atelier pyrogravure (garçons).
- 10 à l’agriculture ( garçons).
- 6 au poulailler (garçons ).
- 17 à l’alphabétisation.
- 8 à la menuiserie.

Le Dispensaire agit dans les
domaines suivants :
- Éducatif, grâce à des cours d’alphabétisation.
- Sanitaire, grâce aux soins élémentaires qu’elle dispense et à la sensibilisation aux règles d’hygiène effectuée auprès des enfants.
- Social, grâce à un suivi des familles et un apprentissage donné aux enfants en couture, pyrogravure, agriculture, teinture, menuiserie, mécanique soudure.
Domaine éducatif:
Actuellement, l’alphabétisation est dispensée par un salarié de l’association et épaulé par des bénévoles temporaires venus de France ainsi que des expatriées . Leur niveau d’études leur permet d’assurer cette alphabétisation de premier niveau qui est suivie avec beaucoup d’intérêt par tous les jeunes qui fréquentent le centre. A ce premier stade d’alphabétisation, plusieurs activités sont menées :
- l’initiation à la lecture, l’écriture et au calcul
- le développement de la mémoire(poèmes, fables)
- l’encouragement à la lecture par la constitution d’une bibliothèque
- éveil corporel (mimes, chants théâtre…)Deux classes de maternelle sont en place avec une moyenne d’enfants qui oscille entre 40 élèves par classe. Deux animatrices qualifiées aidées d’une aide monitrice et des stagiaires assurent ces classes et apprennent aux enfants à tracer les lettres, à compter et à reconnaître les chiffres, les couleurs, les animaux, etc…
Domaine sanitaire et médical
Notre infirmerie permet de dispenser quelques soins tels que panser et désinfecter les plaies et diverses maladies bénignes. Un animateur-soins, encadré par un médecin vacataire burkinabé assurent également ces soins pour les familles défavorisées du secteur 21 et 22 en priorité mais aussi de toute la ville de Bobo et sa banlieue. Les médicaments, compresses, antiseptiques nous sont donnés par l’Ordre de Malte et terre d’amitié ou envoyés par des particuliers de France.
Les familles défavorisées peuvent obtenir au Dispensaire Trottoir des médicaments (en fonction des stocks) prescrits par le médecin qu’ils ne pourraient avoir autrement faute de moyens. Comme les enfants, ils peuvent venir faire soigner leurs plaies.
Le médecin vacataire passe une fois par semaine pour les cas les plus graves et superviser le travail et les protocoles de soins. Il possède une liste à jour de nos stocks de médicaments afin de prescrire les ordonnances, ainsi qu’un registre ” DT “pour le suivi des malades du centre. Afin d’éviter toute contamination, notamment par le VIH, l’infirmerie a mis en place des règles d’hygiène très strictes. En outre, nous envoyons à ce médecin les cas les plus difficiles.
Enfin, l’infirmerie voit quotidiennement des enfants malnutris ou dénutris, effectue les pesées et suit leur état de santé général. Une section nutrition a donc été créée pour suivre ces enfants en déficience alimentaire et pallier leurs carences par des repas spécifiques (cf. fiche ” Bébés et nutrition “). Les boîtes de lait coûtent cher et font défaut ainsi que les vitamines spécifiques tels Uvestérol, Stérogyl, Zyma fluor etc…Nous enrichissons donc les bouillies avec de la pâte d’arachide quand le budjet est insuffissant, ce qui comble un peu les déficits. Les antibiotiques, les antalgiques, les anti-paludéens( Nivaquine, Chloroquine, Quininne) restent des denrées rares. Les vermifuges et les déparasitants nous manquent et nous n’avons pas les moyens nécessaires pour nous les procurer.Les spécialités coutant chères, nous achetons les génériques.
Parallèlement aux soins, une sensibilisation des enfants aux questions de l’hygiène corporelle, bucco-dentaire, vestimentaire et à l’assainissement du milieu dans lequel ils vivent est dispensée dans le cadre de causeries éducatives. Le sujet sur les maladies transmissibles, contagieuses (VIH, IST) est aussi abordé.
Tous les autres enfants reçoivent un petit déjeuné et un repas à midi,les plus défavorisés d’entre eux et ceux qui dorment au centre ont droit à un repas le soir. A court terme, nous espérons pouvoir servir à tous un repas le soir.
Domaine social:
Le centre est pour les jeunes un lieu d’accueil, d’écoute ou ils sont sûrs d’être soignés et nourris. Ces besoins de base satisfaits, le centre doit leur permettre de se structurer( respect de leur propre personnes, respect des autres) de répondre à leurs besoin d’affection, de sécurité de mouvement, de création et d’améliorer à long terme leurs conditions de vie. Toutes ces activités existent, fonctionnent mais de manière insuffisante par rapport au nombre d’enfants et à leurs besoins, du fait du manque de moyens financiers
Présentation des activités
Le centre est pour les jeunes un lieu d’accueil, d’écoute où ils sont sûrs d’être soignés et nourris. Ces besoins de base satisfaits, le centre doit leur permettre de se structurer(respect de leur propre personne, respect des autres) de répondre à leur besoin d’affection, de sécurité de mouvement, de création et d’améliorer à long terme leurs conditions de vie. Toutes ces activités existent, fonctionnent mais de manière insuffisante par rapport au nombre d’enfants et à leurs besoins, du fait du manque de moyens financiers.
Les activités présentées ci-après sont décrites en fonction de ce qui a été déjà mené et de ce qui est envisagé pour les mois à venir.
Soins, nutrition:
Notre infirmerie permet de dispenser quelques soins tels que panser et désinfecter les plaies et diverses maladies bénignes. Un médecin vacataire burkinabé assure le suivi et la supervision des activités soins pour les familles défavorisées du secteur 21 et 22 en priorité mais aussi de toute la ville de Bobo et sa banlieue. Les médicaments, compresses, antiseptiques nous sont donnés par l’Ordre de Malte , Terre d’Amitié ou envoyés par des particuliers de France.
Les familles défavorisées peuvent au Dispensaire Trottoir obtenir des médicaments (en fonction des stocks) prescrits par le médecin qu’ils ne pourraient avoir autrement faute de moyens. Comme les enfants, ils peuvent venir faire soigner leurs plaies.
Le médecin vacataire passe une fois par semaine pour les cas les plus graves et superviser le travail et les protocoles de soins mais se déplace dans les cas très urgent en dehors de ces jours de soins habituels. Il possède une liste à jour de nos stocks de médicaments afin de prescrire les ordonnances, ainsi qu’un registre ” DT “pour le suivi des malades du centre. Afin d’éviter toute contamination, notamment par le VIH, l’infirmerie a mis en place des règles d’hygiène très strictes. En outre, nous envoyons à ce médecin les cas les plus difficiles.
Enfin, l’infirmerie voit quotidiennement des enfants mal nourris ou dénutris, effectue les pesées et suit leur état de santé général. Une section nutrition a donc été créée pour suivre ces enfants en déficience alimentaire et pallier leurs carences par des repas spécifiques. Les boîtes de lait coûtent cher et font défaut ainsi que les vitamines spécifiques tels Uvestérol, Stérogyl, Zyma fluor etc…Nous enrichissons donc les bouillies avec de la pâte d’arachide qui comble un peu les déficits. Les antibiotiques, les antalgiques, les anti-paludéens( Nivaquine, Chloroquine, Quininne) restent des denrées rares. Les vermifuges et les déparasitants nous manquent et nous n’avons pas les moyens nécessaires pour nous les procurer en générique.
Parallèlement aux soins, une sensibilisation des enfants aux questions de l’hygiène corporelle, bucco-dentaire, vestimentaire et à l’assainissement du milieu dans lequel ils vivent est dispensée dans le cadre de causeries éducatives. Le sujet sur les maladies transmissibles, contagieuses est aussi abordé.
Soins apportés par le Dispensaire Trottoir de janvier à Décembre 2002
Alimentation des enfants:
Les enfants reçoivent actuellement deux repas chaud par jour essentiellement composé de maïs, de riz et de haricots, agrémenté de quelques légumineuses et quelques autres légumes. Les enfants arrivent à 7h30, le petit déjeuner est servi à 9h pour les classes maternelle et à 10h pour les plus grands, le repas leur est servi vers 11h30 pour les maternelles et 12h pour les adolescents. Les plus défavorisés et les enfants qui dorment au centre ont droit à un repas le soir. A court terme, nous espérons pouvoir servir à tous un repas le soir.
Alphabétisation:
Actuellement, l’alphabétisation est dispensée par les salariés de l’association et par des bénévoles temporaires venues de France ainsi que des expatriées . Leur niveau d’études leur permet d’assurer cette alphabétisation de premier niveau qui est suivie avec beaucoup d’intérêt par tous les jeunes qui fréquentent le centre.
A ce premier travail d’alphabétisation, plusieurs activités sont menées :
-
L’initiation à la lecture, l’écriture et au calcul
-
Le développement de la mémoire(poèmes, fables)
-
L’encouragement à la lecture par la constitution d’une bibliothèque
-
L’éveil corporel(mimes, chants théâtre…)
-
L’alphabétisation fonctionnelle, c’est à dire la mise en rapport avec le métier ou l’activité (la pyrogravure, la couture, le jardinage, le sport…).L’ensemble des activités nécessite l’acquisition de matériel pédagogique.
L’alphabétisation concerne 18 enfants âgés de 10 à 14 ans. Ceux-ci sont d’anciens enfants vivants dans la rue et/ou issus de famille très pauvres n’ayant pas les moyens de les scolariser. Afin de lutter contre leur exclusion, nous essayons d’amener ces enfants là jusqu’au niveau suffisant pour passer dans les atelier de travail.
Cet atelier est un élément important dans notre travail de lutte contre l’analphabétisme et l’exclusion des enfants défavorisés.
Si un enfant a pu réussir son examen de fin d’études primaires, nous le réinsérons dans un cursus scolaire normal au collège. Mais même si tous ne réussissent pas l’examen, ils savent au moins au bout de ces 4 années lire et écrire.
Ceux qui ne peuvent pas aller au collège par la suite sont orientés vers nos autres ateliers d’apprentissage.
Activités d’éveil pour les petits:
Le Dispensaire Trottoir développe les activités d’animation en direction des plus jeunes. Pour ce, un matériel pédagogique adapté aux besoins des petits a été acquis afin de développer leurs facultés motrices, sensorielles, intellectuelles, d’exploiter leur créativité à travers le jeu et des activités nombreuses et variées d’apprentissages simples (découpage, coloriage, pliage, chants, marionnettes, masques).
La bibliothèque:
Afin de permettre aux jeunes une autre approche de la vie scolaire à travers la lecture , une bibliothèque composée de quelques titres a été mise à leur disposition. Ces livres nous sont envoyés par des particuliers ou des associations étrangères. La bibliothèque est ouverte aussi bien aux enfants fréquentant régulièrement le Centre qu’aux jeunes du quartier. Elle est fonctionnelle deux fois par semaine. Jeudi et samedi après midi.
Les activités
Couture, pyrogravure, agriculture, élevage, menuiserie, teinture, tricot, Art culinaire
Pour favoriser l’intégration socioprofessionnelle de certains jeunes, il est nécessaire de promouvoir l’apprentissage de techniques artisanales en apportant le matériel et les matières consommables de départ afin de rentabiliser les ateliers au sein même du Dispensaire Trottoir. Les enfants qui participent à ces ateliers sont âgés de 11 à 16 ans.
Ces activités ont pour but d’occuper, d’éveiller, de sélectionner, de former et d’apprendre à valoriser leurs productions aux enfants qui en bénéficient. En matière de réalisation, l’accent est mis sur la qualité du produit fini, source de profit supérieur. Les réalisations fabriquées par les jeunes sont généralement vendues aux personnes de passage ou directement en France par des réseaux de connaissances.
La finalité de ces ateliers est donc multiple : d’une part, former les enfants à une activité génératrice de petits revenus, d’autre part, former ces enfants à différentes techniques, celles-ci pouvant leur permettre plus tard de trouver un emploi. Permettre au centre de générer des revenus et alléger les frais de fonctionnement de l’association.
Pour ce faire depuis trois ans, l’association essaye de mettre en place des activités tel que l’élevage des pondeuses qui offre aux jeunes une formation, un apport pour la nutrition au niveau du centre, un revenu aux mères et tutrices des enfants et aussi un petit revenu pour l ‘association.